Qu’est-ce que l’acte de vente immobilier ? Le guide pour bien finaliser son achat
Ce qu'il faut retenir
L’acte de vente immobilier constitue la dernière étape d’une transaction immobilière. Ce processus relativement long (environ 3 mois) passe par différentes phases dont chacune d’elles vise à préparer et valider cette ultime formalité. L’acte de vente suit des règles bien précises et entraîne des conséquences pour l’acheteur comme pour le vendeur :
- l’acte de vente est obligatoirement rédigé et signé devant un officier d’état-civil assermenté (le notaire) ;
- il officialise le transfert de propriété entre le vendeur et l’acquéreur. Il est matérialisé par la remise des clés et la délivrance de l’attestation de titre de propriété à chacune des parties ;
- l’acte de vente entérine l’irrévocabilité de la transaction (les parties ne peuvent pas revenir en arrière sauf vice caché ou vice de consentement) ainsi que l’opposabilité à des tiers ;
- l’acte de vente doit comprendre toutes les informations à connaître par chacune des parties sur le bien (désignation cadastrale, surface, équipements, etc.) ainsi que les modalités de règlement (prix d’achat, origine des fonds, montant des frais de notaire, etc.) ;
- à la signature de l’acte de vente, le nouveau propriétaire acquiert un droit de jouissance total sur le bien et doit s’acquitter de certaines obligations (obligations fiscales, paiement des charges de copropriété, etc.).
Qu’est-ce qu’un acte de vente ?
L’acte de vente constitue la dernière formalité à réaliser pour finaliser une transaction immobilière. Il s’agit du contrat de vente final permettant d’officialiser le transfert de propriété entre un vendeur et un acquéreur.
Il n’est plus ici question d’avant-contrat, comme c’était le cas pour le compromis de vente, qui engage vendeur et acheteur à procéder à la vente si toutes les conditions sont réunies. On parle de contrat tout court avec des conséquences juridiques irrévocables. L’acte de vente représente l’étape ultime avant de devenir définitivement propriétaire. Sa signature transfère la propriété du vendeur à l’acheteur. Elle doit être effectuée chez un notaire pour qu’elle soit valide, généralement dans les 3 mois suivant la signature du compromis de vente.
La signature finale rend l’acte opposable à des tiers avec une publication au service de la publicité foncière. Une attestation de titre de propriété est remise à l’acheteur (en attendant le titre de propriété officiel dans les 6 mois).
Ce qu’il doit contenir : les documents et informations nécessaires pour la rédaction de l’acte de vente
Un acte de vente est la confirmation du compromis de vente. Les informations sont donc déjà connues. Voici ce que doit contenir un acte de vente pour officialiser la transaction :
- les identités des deux parties (état-civil du vendeur et de l’acheteur) ;
- la description précise du bien (surface, nombre d’étages, équipements, etc.) et son adresse (références cadastrales, historique de propriété) ;
- les éventuelles clauses spécifiques s’appliquant au bien (hypothèque en cours, servitudes, etc.) ;
- les diagnostics immobiliers obligatoires répertoriés dans le dossier de diagnostic technique (DDT) : ils peuvent aller jusqu’à 12 selon le logement avec pour les plus fréquents les diagnostics amiante, plomb, termites, gaz, électricité, DPE, ERP ;
- le prix de vente (hors frais de notaire) et le mode de paiement avec ventilation des fonds apportés (détail du ou des crédit(s), montant de l’apport personnel) ;
- le montant des frais de notaire ;
- les documents à annexer à l’acte de vente (titre de propriété, diagnostics, derniers avis d’impôts locaux, justificatif des éventuels travaux réalisés, etc.).
La signature et le déblocage des fonds pour officialiser le transfert de propriété
Le jour J, une fois tous les documents et renseignements nécessaires à la rédaction réunis, le vendeur et l’acheteur se retrouvent chez le notaire pour signer l’acte de vente. La signature se fait le plus souvent chez le notaire du vendeur. Vous pouvez également être assisté par votre notaire sans que cela ne vous coûte plus cher, puisque dans ce cas précis les deux notaires se partagent les honoraires.
Après lecture du contrat par le notaire, chaque partie signe l’acte de vente. La signature électronique s’est désormais généralisée auprès des études. Elle est réalisée à travers une tablette sécurisée permettant un archivage immédiat et sécurisé des données. Le transfert de propriété peut ainsi avoir lieu : le notaire ordonne le déblocage des fonds auprès de votre banque. Il vous remet ensuite l’attestation de titre de propriété ainsi que les clés de votre nouveau bien.
Reste une dernière étape à effectuer par le notaire. Celui-ci doit procéder à l’enregistrement de la vente et sa publication au service de publicité foncière. Le notaire archive l’original de l’acte de vente (appelé “minute”) et chaque partie repart avec une copie authentique du contrat ayant la même valeur que l’original.
Quelles sont les conditions de validité de l’acte de vente ?
Pour qu’une transaction immobilière soit considérée comme valide, elle doit respecter certains critères (à défaut, la nullité de la vente pourra être prononcée) :
- la capacité juridique et le consentement libre et éclairé de chacune des parties : le vendeur et l’acheteur doivent être des majeurs non-protégés (absence de tutelle ou curatelle) effectuant une transaction librement consentie et disposant de tous les éléments nécessaires sur la nature du bien ;
- la désignation du bien : l’acte de vente doit contenir toutes les informations nécessaires sur le bien faisant l’objet de la transaction (adresse, surface habitable, numéro de lot, désignation cadastrale, servitudes, etc.) ainsi que sur les modalités de la transaction (prix, modalités de paiement, origine des fonds) ;
- la rédaction par un officier public assermenté (un notaire) : l’acte de vente doit obligatoirement être émis et signé devant notaire pour qu’il soit authentique (à l’inverse du compromis de vente qui peut être réalisé par acte sous-seing privé) ;
- la fourniture de tous les diagnostics immobiliers obligatoires par le vendeur (DPE, amiante, plomb, termites, électricité, gaz, etc.). Ceux-ci sont recensés au sein du dossier de diagnostic technique (DDT) et permettent à l’acheteur de disposer de toutes les informations sur le bien et donc d’effectuer l’achat en toute connaissance de cause ;
- la renonciation au droit de préemption éventuel : avant de conclure l’acte de vente, le notaire doit s’assurer qu’aucune collectivité locale ne cherche à exercer son droit prioritaire de racheter le bien immobilier à vendre ;
- les formalités de publicité foncière : après la signature de l’acte de vente, le notaire doit procéder à la publication foncière auprès des services de la publicité foncière afin d’officialiser le transfert de propriété vis-à-vis de l’administration.
Quelles sont les conséquences juridiques de l’acte de vente ?
L’acte de vente entraîne différents droits et obligations aussi bien pour le vendeur que pour l’acheteur :
Les droits et obligations de l’acquéreur
L’acheteur doit s’acquitter du paiement complet du prix du bien comme convenu lors du compromis de vente. Il doit également régler les frais de notaire qui accompagnent la transaction (7 à 8 % du prix du bien dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf).
À la remise des clés, l’acheteur acquiert la pleine jouissance du bien. Il peut l’occuper librement, le mettre en location ou effectuer les travaux qui lui semblent nécessaires. La vente est alors irrévocable et l’acheteur ne dispose plus de droit de rétractation.
Il reçoit dans les 6 mois suivant la vente officielle le titre de propriété du bien une fois toutes les formalités de publicité foncière effectuées par le notaire (droits de mutation notamment). Le transfert de propriété s’accompagne également d’un transfert des risques pour l’acquéreur qui doit se conformer aux obligations suivantes :
- l’obligation d’assurance habitation (en copropriété) qui doit être effective dès la remise des clés pour se prémunir d’un sinistre éventuel (incendie, dégât des eaux…) survenant juste après la signature (un justificatif d’assurance habitation est à présenter au notaire) ;
- l’obligation fiscale avec le paiement des taxes dues par chaque propriétaire (taxe foncière, taxe d’habitation pour une résidence secondaire). Pour l’année en cours, le paiement des impôts fonciers est généralement réparti au prorata temporis entre l’acheteur et le vendeur ;
- le règlement des charges de copropriété dans le cas d’un bien immobilier en habitat collectif. Là encore, pour l’année en cours, une répartition au prorata est le plus souvent décidée entre le vendeur et l’acquéreur.
Les droits et obligations du vendeur
Au moment de la transaction finale, le vendeur est tenu de livrer le bien en l’état prévu par l’acte de vente (niveau de vétusté identique, transmission des équipements prévus, etc.). En contrepartie, le notaire lui adresse le règlement de la vente, selon le montant convenu lors du compromis de vente (déduction faite de l’acompte versé à l’avant-contrat).
Même après la transaction, le vendeur peut voir sa responsabilité engagée si l’acheteur parvient à prouver la présence de vices cachés au sein du logement, le rendant inhabitable ou encore de vice de consentement. Ces défauts dissimulés peuvent concerner des défauts dans les fondations, la présence de nuisibles non signalés, une servitude cachée ou encore des problèmes d’humidité structurelle.
Le vendeur s’acquitte par ailleurs de sa quote-part d’impôts fonciers et de charges de copropriété sur l’année en cours.
Comparateur de prêt immobilierRefus de signature de l’acte de vente et délai de rétractation : quelles conséquences ?
Si vous ou le vendeur refusez de signer l’acte de vente le jour J, le notaire dresse un procès-verbal de carence. Si vous avez signé un compromis de vente, la partie lésée peut saisir la justice. Dans le cas d’une promesse de vente, le vendeur peut garder l’indemnité d’immobilisation qui peut s’élever jusqu’à 10 % du prix du bien.
Dans le cas où le vendeur ne libère pas les lieux pour le jour de la signature de l’acte de vente, vous pouvez saisir la justice pour prononcer l’annulation de la vente.
Après la signature de l’acte de vente, vous ne disposez pas de délai de rétractation, exception faite des rares cas où vous n’avez pas signé d’avant-contrat. Alors, le délai de rétractation de 10 jours s’applique après la signature de l’acte de vente.
En résumé : les étapes la signature de l’acte de venteLe processus de vente d’un bien immobilier jusqu’à sa signature suit principalement 8 grandes étapes, à savoir :
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FAQ
Quels sont les délais de rétractation après une vente immobilière ?
Il n’existe pas de délai de rétractation après la signature de l’acte de vente final, l’acheteur comme le vendeur étant alors engagés sans retour en arrière possible. Il existe quelques exceptions cependant, notamment si l’acheteur parvient à prouver la présence de vices cachés ou de vice de consentement. L’annulation de la vente passe alors par une procédure judiciaire.
À quel moment le nouveau propriétaire reçoit-il son titre de propriété ?
Le délai est variable selon le temps nécessaire au notaire pour procéder aux formalités de publicité foncière. Il est en moyenne de 6 mois et peut aller généralement jusqu’à 12 mois pour les cas complexes (nouvelle délimitation de terrain, présence de servitudes, modification récente du règlement de copropriété, etc.). En attendant, le jour de la signature, le nouveau propriétaire se voit néanmoins remettre une attestation de titre de propriété qu’il peut utiliser au besoin.
Qui doit payer les frais de notaire au moment de la vente ?
C’est à l’acheteur de s’acquitter du paiement des frais de notaire en plus du montant de la transaction. Ils comprennent les droits de mutation, la rémunération du notaire et les débours (frais de procédure avancés par le notaire). Ces frais de notaire sont généralement de 2 à 3 % pour le neuf et de 7 à 8 % pour l’ancien.
J’ai perdu mon titre de propriété, que faire ?
Si vous avez besoin de votre titre de propriété perdu (notamment si vous envisagez de revendre votre bien immobilier), vous pouvez contacter l’office notarial ayant procédé à la vente pour qu’il vous en fournisse une copie. Vous pouvez également contacter le service de la publicité foncière.
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